L'efficacité de l'ONU

Cas où les actions de l'ONU ce sont révélées efficaces

Le champ d'action de l'ONU est vaste puisqu'il couvre aussi bien des actions militaires, que des actions de désarmement ou des actions judiciaires et humanitaires.

Actions militaires  
Son importance est même parfois sous-estimée par certains, pensant qu’elle ne fût réellement efficace qu'après la guerre froide.
Et pourtant, ses actions militaires débutèrent dès les années 1950 avec la guerre de Corée. Suite au franchissement de la démarcation entre la Corée du Nord et du Sud par les Nord coréens, le conseil de sécurité de l’ONU décida de lancer une contre offensive contre la Corée du Nord. Cette contre offensive alla jusqu’à Séoul , la capitale, entraînant la signature de l’armistice en 1953, ce qui fût la première victoire de l’ONU.
Le 14 juillet 1960, l'ONU est intervenue en  Afrique, avec le lancement de l’Opération des Nations Unies au Congo. Dans ce pays où les tensions entre les minorités ethniques sont très grandes et s’intensifient avec la proclamation de l’indépendance du Congo, l’ONU décide d’envoyer ses forces militaires pour assurer le retrait des troupes belges et instaurer une démocratie.
En 1966, elle intervient aussi en Afrique du Sud pour octroyer l’indépendance à un territoire du Sud Ouest de l’Afrique, future Namibie, mais elle ne l’obtiendra qu’en 1990.
L’ONU s’est impliquée au Moyen-Orient après la guerre froide. En 1990, elle est intervenue dans la guerre du golf et l’embargo contre l’Irak pour apaiser les revendications de Saddam Hussein et pacifier ces régions très riches.
Toujours dans cette région, elle prendra partie dans la lutte contre le terrorisme menée par les Etats-Unis en Afghanistan, ce qui se traduit par des sanctions financières contre le pays qui refuse d’extrader Ousama Ben Laden.
L’ONU est intervenue avec succès au Cambodge en 1991 grâce au système de mise sous tutelle pour sécuriser le processus de pacification du pays et organiser de nouvelles élections.
Suite aux déclarations d'indépendance et à la disparition de la Yougoslavie, l'ONU intervient dans les Balkans. Elle décide,en 1992, l’envoi de sa force de protection en Croatie. Après l’intervention des casques bleus, la résolution du conflit s'organise grâce à la signature d’un accord de paix : les accords de Dayton.

Objectif de désarmement
Depuis sa création, l’ONU, dans le but de maintenir durablement la paix, prône une politique de désarmement importante. L’arrêt de la prolifération des armes de destruction massive fut donc l’un des principaux objectifs de son processus de paix.
L’ONU prend part depuis sa création, à toutes les négociations concernant le désarmement. Son action débute par la création de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) pour favoriser l’usage du nucléaire à des fins civiles plutôt que militaires. Suite à la création de l’AIEA, un traité sur la non-prolifération nucléaire fut proposé par les Etats-Unis et l’Union Soviétique et fut signé par 43 états le 1er juillet 1968.
Dans ce premier traité, le désarmement fut abordé dans l’article VI qui entend que tous les états signataires doivent négocier les clauses d’un arrêt de la course à l’armement et d’un désarmement total sous le contrôle des autorités internationales (ONU).  Puis l’interdiction complète des essais nucléaires (TICEN) fut signée le 24 septembre 1996 à New York.
Par la suite, d’autres traités complétèrent celui de non prolifération des armes de destruction massives comme celui interdisant la fabrication d’armes bactériologiques en 1972 puis chimiques en 1992. De plus, l’ONU ayant déjà réussi à faire adhérer ses états membres à ces traités, a réussi à rallier 156 états à la convention d’Ottawa le 3 et le 4 Décembre 1997 qui interdit l'acquisition, la production, le stockage et l’utilisation des mines antipersonnel.

La cour pénale internationale
L'ONU a créé le statut de la Cour Pénale Internationale (CPI) dans le but de juger les individus accusés de génocide, de crime contre l'humanité, de crime de guerre. Pour arriver à cet objectif, elle est devenue permanente. Son champ d'action s'étend à tous les états ayant ratifié le Statut de Rome le 17 juillet 1998.
Pour devenir effective, 60 ratifications du traité de Rome étaient nécessaires, c'est chose faite le 11 avril 2002.
La CPI entre en fonction le 1er juillet 2002, conformément à l'article 126 du statut de Rome.
Aujourd'hui, 144 états sont membres de la CPI.
La compétence de la CPI se "limite" aux faits postérieurs à l'entrée en vigueur de son statut (01/07/2002).
Quatre grands dossiers sont actuellement à l'étude pour des crimes commis en République Démocratique du Congo, en Ouganda, en République Centrafricaine et au Soudan (Darfour). Les 3 premiers dossiers ont été initiés à la demande des gouvernements concernés, le dernier à la demande du Conseil de Sécurité des Nations Unies.
Plusieurs autres affaires sont en cours d'analyse pour une éventuelle ouverture d'enquête.
Depuis le 1er juillet 2002, plusieurs centaines de plaintes ont été déposées.

Les casques Bleu a Haïti

Quand l'ONU manque d’efficacité (1) > Inefficacité de l’ONU pendant le conflit israélo palestinien

A la fin du 19ème, face aux persécutions subies, des mouvements sionistes décident de créer un foyer juif en Palestine mais ils se heurtent aux populations arabes voisines. En 1917, la Grande Bretagne qui dirige la Palestine, accepte, par la déclaration Balfour, l’idée d’un foyer juif sur ce territoire. Toutefois, la Grande Bretagne tente de limiter cette immigration dans l’entre deux guerres.

En 1945, après la Shoah, les mouvements d’immigration deviennent de plus en plus importants. La Grande Bretagne tente, en vain, de diminuer ces flux et de calmer ses voisins arabes. En Palestine, les mouvements et organisations sionistes se développent et organisent des attentats contre les britanniques, notamment celui du 22 juillet 1946 et l’explosion de l’hôtel King David à Jérusalem.

En juillet 1947, un navire baptisé Exodus 47 quitte l’Europe à destination de la Palestine avec à son bord près de 4500 juifs. Ces gens sont, pour la plupart, des survivants de camps. Le navire est stoppé par les troupes britanniques avant même son arrivée en Palestine. Ils sont débarqués par la force dans la zone d’occupation britannique en Allemagne et transférés dans des camps de personnes déplacées.
L’opinion publique s’émeut du sort de ces passagers, et des manifestations ont lieu dans de nombreux pays contre la politique britannique.


L’ONU se saisit de la question et crée une commission d’enquête, et recommande la fin de la mise sous tutelle britannique avec le partage de la Palestine entre un état d’Israël et un état palestinien. Jérusalem deviendrait une ville internationale.

Le 29 nov 1947, le partage est accepté par la majorité des pays de l’ONU et le 15 mai 1948, la naissance de l’état d’Israël est proclamée. Le nouvel état est reconnu par la communauté internationale mais les états arabes l’attaquent immédiatement. Les plans de médiation de l’ONU échouent.
La jeune armée israélienne arrive à stopper les différentes offensives et signe en fév/mars 1949 des armistices avec l’Egypte, la Transjordanie, le Liban et la Syrie.
Jérusalem se trouve coupée en 2 avec une partie israélienne et une partie palestinienne.

Les palestiniens, chassés de leur pays, sont obligés de s’exiler dans des camps au niveau des zones limitrophes de l’état hébreux en Syrie, en Egypte, en Jordanie et au Liban.


L’ONU se trouve alors dans une impasse et n’a plus qu’une solution : créer l’Office de Secours et de Travaux pour les Réfugiés de Palestine (UNRWA), chargé de soulager la précarité de la situation des populations palestiniennes. 

Evolution des territoires Palestinien et Israélien.



En vert : le territoire Palestinien
En blanc : le territoire Israélien 

Quand l'ONU manque d’efficacité (2) > D’autres exemples

A plusieurs reprises, l’ONU s’est retrouvée impuissante et son autorité mise à mal. Nous avons sélectionné quelques exemples parmi les plus marquants.

-         Lors du génocide du Rwanda en 1994
Dès 1992, des accords de paix sont signés entre les exilés du Front Patriotique Rwandais et le gouvernement rwandais : « les accords d’Arusta ». Pour aider le pays à s’organiser, l’ONU instaura une Mission des Nations Unies pour l’Assistance au Rwanda (MINUAR). Mais la situation qui ne cessa de s’aggraver finit par aboutir à une guerre civile en 1994 et au génocide des peuples tutsi et hutus avec plus de 800 000 rwandais tués.
L’ONU est accusée de ne pas s’être préoccupée dès le départ de la situation du pays et de ne pas avoir répondu dès les premiers conflits. La MINUAR a très rapidement manqué de moyens matériels, techniques et humains pour pouvoir être suffisamment efficace. En avril 1994, l’ONU n’accorde à la MINUAR qu’un effectif de 270 hommes.

-         Lors du conflit du Cachemire
Suite à l’indépendance des anciennes indes britanniques en 1947, on voit l’apparition de 2 états : l’Inde à majorité hindou et le Pakistan à majorité musulmane. A la frontière des deux états se trouve le Cachemire. Ce territoire, en crise, demande son rattachement à l’Inde. Mais le Pakistan juge que l’Inde n’a pas à intervenir et commence alors un conflit entre ces deux pays.
En pleine guerre froide, l’Inde se retrouve « soutenue » par l’URSS, et le Pakistan, par les Etats-Unis.
Le conflit indo-pakistanais dure maintenant depuis 60 ans, avec 3 guerres de 1948 à 1949, puis en 1965 et en 1971.
Malgré les résolutions de l’ONU en 1948 et en 1949, aucune solution stable n’a été trouvée pour le moment. Seule la Ligne de Démarcation fixée par les observateurs de l’ONU en 1972 est respectée, mais la tension entre les deux états reste palpable et un conflit est toujours proche. L’ONU ne parvient pas à instaurer un véritable dialogue entre les deux opposants.

-         L’Iran
En quatre ans, l’Iran a reçu 4 sanctions du Conseil de Sécurité. En effet, depuis 2006, l’ONU tente de convaincre l’Iran, de suspendre ses activités nucléaires sensibles. En effet, l’Iran faisant partie de l’AIEA, s’est engagé à ne pas développer le nucléaire militaire, et à accepter des contrôles sur ses programmes de nucléaire civil. Le problème est que depuis des années, l’Iran gêne ou bloque ces contrôles et l’aspect militaire de ses programmes semble assez évident.
Mais les condamnations de l’ONU sont ouvertement critiquées par le gouvernement iranien et son autorité est alors remise en cause.
Mahmoud Ahmadinejad, dirigeant iranien, n’hésite pas à comparer la résolution de 2010 à un « vieux kleenex qu’il fallait jeter à la poubelle ». L’Iran ne compte pas changer son programme nucléaire, comme l’a affirmé l’ambassadeur iranien à l’ONU, Mohammad Khazaee : « aucune pression ni aucune action malveillante ne parviendra à entamer la détermination de notre nation. L’Iran, en tant qu’un des pays les plus stables et les plus puissants de la région, ne s’est jamais incliné et ne s’inclinera jamais face aux actions hostiles et aux pressions de ces quelques puissances et continuera à défendre ses droits ».

            -         Haïti
En 2010, l'ONU s'est retrouvée dépassée par le séisme en Haïti. L'organisation a été incapable de coordonner l'aide humanitaire . C'est l'armée américaine qui a dû reprendre la gestion de la crise.


            -     La conférence de Copenhague
L'influence de l'ONU et sa place dans les relations internationales, sont bien souvent mal menées comme lors de la conférence de Copenhague sur le climat pendant laquelle les Etats-Unis et la Chine avaient conclu des accords séparés.

Synthèse sur l'efficacité de l'ONU

           L’action de l’ONU depuis sa création est incontestable. Comme toute organisation, elle détient des victoires et des échecs ? Il est important de noter que l’ONU est présente quasiment quotidiennement dans nos vies à travers l’OMS (et la validation de certains médicaments), l’OMC ou l’OIT. Mais elle œuvre aussi dans le développement culturel, de l’éducation grâce à l’Unesco. Son efficacité est donc bien avérée, l’Organisation n’est pas présente uniquement dans les pays pauvres ou en crise ….

Mais il lui reste difficile d’intervenir dans certains domaines avec efficacité et crédibilité quand elle ne dispose d’aucun moyen pour faire respecter ses décisions. On comprend donc "l’influence exercée par l’ONU peut être grande sur de petits états et faible sur de grands états".

Bien trop souvent, les intérêts des états interfèrent dans le bon fonctionnement des opérations.